MUSIQUE (Composition et histoire), AUTISME, NATURE VS CULTURE: Bienvenue dans mon monde et mon porte-folio numérique!

dimanche 1 janvier 2017

LYON ET NARBONNE: JOIES ET PETITS IMPRÉVUS



Lyon et Narbonne: Joies et «petits» imprévus
1. Bienveillance made in France
2. «Tu dirigeras»
3. De petits imprévus
4. Le petit diable qui me suivait
5. Mais un Ange veillait

Bienveillance made in France
L'équipe qui créa Roseraie. De gauche à droite: Hélène Michat (percussions), Akharina Famazi (piano), Catherine Arnoux (alto),Thomas Mougel et Cassio Braga (clarinettes), Sylvain Moutot (trompette), moi (hum), Arthur Giraudon (contrebasse), Céline Gasser (percussions), Olivier Hue (hautbois). Merci et bravo!!!
Eh oui, du 27 novembre au 13 décembre dernier, j’étais en Europe! En France, à Lyon, puis à Narbonne. Un séjour magnifique et, comme lors de mon précédent voyage en 2014, je me suis senti chez moi là-bas. À mon retour, une personne m’a demandé : «Et puis, les vieux pays?!». Attention! Ces «vieux pays» sont maintenant très bien branchés, je vous jure. La technologie est partout, et j’ai même voyagé dans un tramway sans conducteur, alors que les tramways au Québec, on ne fait encore qu’en parler… Mieux : on m’a donné un téléphone portable, moi qui n’en ai pas chez moi! C’était indispensable à cause des nombreux rendez-vous lors de mon séjour. J’ai dû m’habituer, m’habituer aussi au clavier Azerty français, très différent de notre Qwerty québécois… http://frenchmorning.com/azerty-vs-qwerty-pourquoi-le-clavier-americain-est-different-du-francais/ Partout, il y a dialogue entre l’histoire et le présent, entre l’ancien (mieux conservé et mis en valeur qu’au Québec) et le nouveau, avec de belles initiatives vertes. La même personne m’a aussi demandé : «Et les Français… pas eu de problèmes avec eux?». Drôle de question, ma foi, avec un non-dit tenant du préjugé. Non, aucun «problème», et je n’en avais pas eu non plus en 2014; au contraire et très franchement, je n’ai rencontré que des gens aimables, accueillants, bienveillants, dévoués. Y compris partout où je demandais une information. Dans un petit magasin, la vendeuse m’a dit, toute sourire: «Oh! Vous venez du Canada!». «Quelle détective vous faites! Comment l’avez-vous su?». «(Rires) Votre bel accent!». «Vous aussi vous avez un bel accent». «Oh non, l’accent de Lyon n’est pas joli du tout». «Que me dites-vous là?! Bien sûr qu’il est beau votre accent!». Bon, un monsieur lyonnais m’a dit : «Les Français sont ronchonneurs!», mais je n’ai rien vu de tel, et les Québécois peuvent être excellents en ronchonnage – voir Votez Bougon, le nouveau «chef d’œuvre» du cinéma québécois. 
Olivier Hue en action dans Roseraie
Les sceptiques me diront : «Tu as vécu à Lyon dans une cage de verre!»; eh bien non, vraiment pas. J’allais en France pour donner des conférences (sur l’anxiété chez les autistes, sur la musique des oiseaux, et sur le jardin musical en lien avec mon œuvre Roseraie), alors j’ai rencontré le public français… et ce fut toujours une expérience plaisante. J’allais là aussi pour assister à des concerts de mes pièces - trois y ont été données en première : Roseraie (pour hautbois et alto solistes, avec petit orchestre), Roseaux (pour cor anglais, cordes, piano et tam-tam) et Rivages (pour clarinette solo). Mieux : j’ai moi-même dirigé la première de Roseraie le 5 décembre, et j’ai redirigé cette pièce le 7 décembre. Vous savez quoi? Je dirige un chœur mais, là, c’était ma première expérience de chef d’orchestre! Je peux vous assurer que les musiciens ont été merveilleux, tous, sans exception, et même indulgents face à mon inexpérience, si bien que tout cela s’est super bien passé.

«Tu dirigeras»
Aude Buet, créatrice de Rivages. Salle Debussy, Conservatoire de Lyon
Il me faut raconter comment j’ai dû me faire chef d’orchestre. C’est mon ami Olivier Hue, professeur de hautbois au Conservatoire de Lyon et un des grands responsables de mon séjour, qui m’avait lancé cette invitation il y a quelques mois. En fait, Olivier m’a plutôt dit : «C’est toi qui va diriger». Ce n’était pas une question! «Mais Olivier, je n’ai jamais fait ça!». «Oh, mais c’est facile! Moi-même j’ai appris à diriger sur le tas… Et puis, tu connais Roseraie par cœur et tu sais exactement ce que tu veux». Bon. J’aurais pu refuser. La peur. Un contexte hors de mon expérience et de ma zone de confort. Vous «savez» combien les autistes ont peur de la nouveauté, alors j’ai accepté, hop. De l'audace donc, mais je veux surtout insister sur la marque de confiance que m'a témoigné Olivier en me confiant la direction de Roseraie. De telles marques de confiance, je n'en ai guère reçues chez moi au Québec. Il fallait que ce soit Lyon qui m'offre ma première expérience de direction d'orchestre, c'est bien pour dire... Donc, l’été dernier, j’ai travaillé fort sur Roseraie. J’ai consulté deux chefs d’orchestre professionnels pour avoir un minimum de conseils. Josée Laforest (Chœur de Sorel-Tracy et Harmonie Calixa-Lavallée) a examiné la partition et m’a dit : «Je n’ai jamais vu une partition d’une telle complexité! Je ne sais pas si je vais pouvoir t’aider». Pas trop rassurant pour moi… 
Au travail dans Roseraie
Bon, c’est vrai que Roseraie débute dans une mesure à 5 temps, qu’à la mesure 6 l’alto et un percussionniste s’ajoutent en rythme non mesuré, que quelques mesures plus loin le hautbois et un autre percussionniste font de même, pendant qu’il me faut battre du 5 temps, ouf! Et ce n’est que le début de cette pièce de 20 minutes où les rythmes mesurés sont très présents. Tout cela explique pourquoi un chef est nécessaire même si la pièce n’utilise qu’un petit ensemble. Bref, non, Roseraie n’est pas facile à diriger… et encore moins comme pièce pour commencer sa carrière! Un baptême de feu, quoi. Mais Josée m’a donné de très bons conseils. J’ai aussi demandé à Marc David (Orchestre symphonique de Longueuil) qui, à son tour, m’a très bien guidé. Je les remercie tous les deux. Dans les mois qui ont suivi, j’ai donc mis au point ma chorégraphie de chef et préparé le plan de travail pour les répétitions. Il y a dans un Roseraie un passage qui m’épouvantait : un long passage où aucun instrument n’est en rythme mesuré. Là, le chef doit non pas battre le temps (ce serait inutile ici) mais donner des entrées à chaque musicien qui va ensuite librement. Mais en y travaillant, une solution toute simple s’est imposée qui se révélera très efficace en répétitions.

Catherine Arnoux, soliste dans Roseraie
Lorsque je me suis présenté à la première répétition de Roseraie à Lyon, je ne vous cacherai pas que j’étais quand même un peu nerveux – surtout que je me remettais à peine d’un début de voyage bouleversé (voir plus loin). Les musiciens avaient déjà fait un premier travail de défrichage avant mon arrivée : nous ne partions donc pas de zéro. Par contre, ils avaient établis entre eux des repères qui n’étaient pas les miens, question de commodité parce qu’ils étaient alors sans chef. Les premières quinze minutes en ont alors été un temps d’apprivoisement mutuel, et puis cela a été plus fluide. J’étais en meilleure possession de moi lors de la seconde répétition, et j’ai vite pris goût à la direction. Il me semble que je me suis bien tiré d’affaire au bout du compte, et l’appui des musiciens a été très aidant. Je les remercie de tout cœur, et je remercie Olivier de m’avoir si gentiment «obligé» de diriger! Mais je sais que si j’avais refusé et que quelqu’un d’autre l’avait fait à ma place, j’en aurais eu des regrets, genre «J’aurais don’ dû diriger…». Maintenant, je rêve répéter l’expérience. Ce fut vraiment pour moi un privilège, je le dis sincèrement, un privilège qui n'est pas donné à tous les compositeurs. Mais je ne fus pas seul à avoir pris des risques : Catherine Arnoux, soliste dans Roseraie, a appris l’alto spécialement pour cette pièce, elle qui est prof de violon et gambiste, et elle a très bien joué, avec une magnifique sonorité d’alto : bravo! 

De petits imprévus…
Mon passeport, punaise!
Ce séjour a été riche et dense : il a passé très et trop rapidement. Mais en fait, j’ai bien failli devoir tout annuler à la dernière minute!!! Là encore, voyez, vous qui «savez» combien les autistes refusent les imprévus. J’avais acheté un beau billet d’avion en vol direct Montréal-Lyon par Air Canada, en solde, à très bon prix. Samedi 26 novembre, je me présente à la borne d’enregistrement à l’aéroport, et la machine me dit de plutôt me diriger au comptoir d’aide à l’enregistrement. La préposée me dit que cela peut arriver. Au comptoir, on passe mon passeport… et la dame me dit : «Monsieur Ouellette, vous ne pourrez pas prendre l’avion ce soir». Gloups! Elle ajoute : «Votre passeport n’est pas valide». Je suis estomaqué : mon passeport est valide! «Non. Pour la France, il doit couvrir jusqu’à trois mois après la date de votre retour au Canada». Purée de punaise! Comment aurais-je pu savoir ça?! Rien à cet effet ne figure sur mon billet d’avion – j’ai su après coup que d’autres compagnies aériennes mettent un avertissement au sujet de la «vraie» validité d’un passeport lorsqu’on achète un billet pour la France. Il me semble qu’Air Canada devrait faire de même, surtout lorsqu’on me dit que ce problème arrive «au moins une fois par jour»… Bon. Les jambes m’ont coupé et j’ai vraiment paniqué. Heureusement, ma sœur a pu venir me chercher à l’aéroport et je suis allé dormir (à peine vous devinez) chez elle. Heureusement encore, j’ai su en multipliant les coups de téléphone à gauche et à droite qu’il est possible de se faire faire un «passeport d’urgence». Mais est-ce possible de le faire même un dimanche??? Et je devais être à Lyon pour donner une conférence lundi soir qui affichait «complet»! Hors de question que j’annule mon voyage. À ma très grande surprise, j’ai vu que, oui, c’est possible et, au bureau des passeports, une très gentille dame m’a sorti mon nouveau passeport en moins de 15 minutes le dimanche à 13h30. Bien sûr, il y a un léger supplément, 300$ en plus des frais habituels du passeport, mais bon, pas l’choix… Du bureau des passeports, retour à l’aéroport pour prendre un nouveau vol partant en soirée, mais avec une escale à Bruxelles (joie pour moi qui ai la phobie de l’avion et qui suis dans un état d’angoisse intense de rater mon voyage!). La dame d’Air Canada a été très gentille à son tour qui m’a «rebooké» mon itinéraire. Là encore avec un léger supplément de quelques 1200$, mais bon, pas l’choix… Le vol Montréal-Bruxelles s’est bien passé mais, comme nous l’a dit le commandant, «des circonstances météorologiques exceptionnelles nous ont retardé». Eh oui, j’ai raté ma correspondance Bruxelles-Lyon! Comme plusieurs autres passagers qui ont aussi raté leurs correspondances. Mais les gens d’Air Canada ont été très efficaces et j’ai eu un autre vol pour Lyon trois heures plus tard. Allais-je finalement arriver à temps pour donner ma conférence???

 La famille de Magali: Sylvain, Antoine, Alexandre, Paul, Magali, et Luna (bienheureuse)
Je n’avais ni portable ni ordi à ce moment… et mon amie Magali (Magali Camilla) m’attendait à l’aéroport Saint-Exupéry de Lyon… à l’heure initialement prévue, soit 11 heures en avant-midi. Et là, pas d’Antoine! Ni personne pour l’informer que j’allais prendre le vol suivant depuis Bruxelles. Pauvre Magali! Panique! Il parait que même la police belge était à ma recherche! Finalement arrivé à bon port, je me suis aussitôt dirigé vers un point d’information pour téléphoner à Magali. La dame, très gentille encore une fois, m’a demandé : «Seriez-vous Monsieur Ouellette par hasard? Votre amie vous cherche désespérément…». Magali rejointe et soulagée est venue me cueillir. Il était alors 15 heures, et le sort de ma conférence demeurait en suspens, mais j’ai rassuré Magali : «Oui oui, je donne ma conférence». Nous sommes allés chez elle déposer mes bagages : c’est là que j’ai été hébergé pendant mes premiers jours. Évidemment, j’étais encore un peu «sur les nerfs» et fatigué, mais la conférence s’est globalement bien déroulée. Ouf!!! En racontant mes péripéties au public, j’ai dit que ma présence illustrait la fiabilité légendaire des personnes autistes. Je dois remercier Magali de tout mon cœur pour son accueil et l’organisation sans faille qu’elle a faite de mon séjour. 

Le petit diable qui me suivait
Roseraie en répétition, à la Ferme du Vinatier (Lyon). Je dirige sans baguette: j'ai déjà deux longues baguettes naturelles!
Il y a eu quelques autres petites tribulations. Encore une fois, vous qui «savez» à quel point les autistes détestent les imprévus, voyez comment un autiste les négocie. La conférence sur les Oiseaux se donnait dans un magnifique amphithéâtre tout vitré et moderne à Genas, en banlieue de Lyon où habite Magali et sa famille. Mais oups, on avait oublié de le chauffer et c’était glacial! Je ne pouvais imaginer le pauvre public se geler là pendant toute une soirée, ni moi donner ma conférence avec manteau, foulard et tuque… Décidément, un petit diable me suivait en voyage pour tenter de me donner des jambettes… Sort extraordinaire, il y avait en ce bâtiment un autre amphithéâtre, chauffé celui-là. Donc, j’ai demandé à ce que la conférence s’y donne – et je remercie le régisseur des lieux qui a tout réglé avec célérité et efficacité. La soirée s’est parfaitement déroulée. 
Ouille!!!
Lundi 5 décembre, l’équipe de Roseraie était à la Ferme du Vinatier pour répéter et, en soirée, je devais donner une courte conférence sur les jardins, l’autisme et la musique en lien avec mon œuvre que j’allais ensuite diriger en première. La Ferme est un centre d’art situé dans le complexe du Vinatier, le grand hôpital psychiatrique lyonnais. http://www.ch-le-vinatier.fr/ferme L’équipe m’a très bien accueilli, avec une chambre à ma disposition pour quelques nuits où j’ai résidé. Bon, 15 minutes avant ma conférence, je descends un escalier et je rate la dernière marche que je n’avais pas vue à cause de l’éclairage créant une illusion d’optique. Méchante chute! Douleur aigüe au pied gauche et je boite… Rien ne m’arrête : je donne ma conférence (la plus réussie de mon séjour, je pense), puis je dirige Roseraie : création de l’œuvre et première expérience de chef en public pour moi. Superbe soirée qui me rend très heureux et comblé. Mais après, j’enlève mon bas pour examiner mon pied : le grand orteil est enflé et violacé. Pas très ragoûtant. Peut-être même une fracture. 

Mais un Ange veillait
Avec Coralie, chez Magali à Genas
Plusieurs anges ont contribué à assurer le succès de mon voyage. Mais là, une blessure au pied en nécessitait un autre. J’aurai pu perdre du temps et aller à l’urgence, mais je sais que si, au pire, un orteil est fracturé, il n’y a rien à faire à part ne pas le forcer. Donc, mon autre Ange s’appelle Coralie. Nous correspondions depuis plusieurs mois sur base quotidienne, et nous avions convenu de nous rencontrer à Lyon où Coralie s'est installée dans un appartement, elle qui venait de Narbonne pour l’occasion. Comme moi, Coralie est autiste de type Asperger. Je suis allé l’accueillir à la gare Part-Dieu de Lyon vendredi 2 décembre. Entre mes répétitions et conférences, nous avons partagé du temps pour visiter le Vieux Lyon, pour déguster une crêpe au resto À L’eau salée, pour assister à un concert tout Haydn à l’Opéra de Lyon (donné par les Musiciens du Louvre, dirigés par Marc Minkowski), un concert que Coralie avait repéré et que je ne pouvais pas rater, fan de Haydn que je suis! Coralie a été ma «photographe officielle» lors de mon séjour et, comme de plus elle est musicienne, je lui ai demandé comme ça lors d’une répétition de Roseraie de me remplacer quelques instants afin que j’aille dans la salle pour écouter et vérifier l’équilibre entre les instruments. Il parait que les autistes n’aiment pas du tout les imprévus (vous le savez, n’est-ce pas, parce que tous les «experts» le disent et le répètent), mais Coralie n’a pas hésité une seconde et a vaillamment dirigé l’orchestre! Coralie est aussi végane et naturopathe : après ma blessure au pied, elle m’a soigné avec des cataplasmes d’argile – très efficace en passant.

Valérie et sa magnifique flûte en ébène
Pour moi, le sommet musical de mon séjour lyonnais fut le concert du 7 décembre en la Salle Debussy du Conservatoire de Lyon. http://www.conservatoire-lyon.fr/ Aude Buet, professeure de clarinette, l’a ouvert en donnant la première de Rivages (je la remercie pour sa vaillance car un malaise l’indisposait et elle a tout de même fort bien joué). Puis il y eu Roseaux, avec Olivier au cor anglais et un ensemble (quintette à cordes, piano et tam-tam), pièce troublante dont je vous reparlerai et qui fut bien rendue. Après une courte pause, Valérie Lewandowski, professeure de flûte, a interprété Bourrasque sur sa belle flûte en bois d’ébène – c’est la première fois que je voyais un instrument de ce type; une interprétation pleine de fantaisie. Puis, Roseraie a été rejouée sous ma direction. Mieux: nous avons dû en rejouer les 8-10 dernières minutes en guise de rappel! J'étais comblé, comme compositeur mais aussi, imaginez un peu, comme chef d'orchestre naissant! Il me faut remercier les commanditaires de ce concert : les facteurs Buffet Crampon et Lorée, le Roseau chantant et le Conservatoire de Lyon, sans oublier les merveilleux musiciens.

L'équipe qui créa Roseaux. De gauche à droite: Adrien Avezard (piano), Julie Hermer et Silvia Brusini (violons), Ondine Forte (alto), Arthur Giraudon (contrebasse), Marjolaine Gaudaré (violoncelle), Olivier Hue (cor anglais solo), Céline Gasser (tam-tam). Merci et bravo!!!
Le lendemain, j’ai pris le train pour Narbonne où j’ai passé quelques jours chez Coralie. https://fr.wikipedia.org/wiki/Narbonne Là, c’était comme touriste, et Coralie m’a fait visiter sa jolie ville, de même que des villages autour d’un immense marais et sur le bord de la Méditerranée - dont le surprenant village aux mille chalets sur pilotis à Gruissan. J’ai eu la chance de rencontrer des gens du Conservatoire de Narbonne et d’échanger avec eux : la chef de chœur Agnès Simonet (et son mari médecin), le directeur adjoint Éric Humbert, ainsi que quelques profs. De belles rencontres à nouveau. http://culture.legrandnarbonne.com/414-le-conservatoire-a-rayonnement-departemental-du-grand-narbonne.html  
Avec mon ange Coralie
Coralie m’a fait déguster les meilleurs kakis que j’ai mangé à vie (bio de surcroit) : rien à voir avec les trucs en caoutchouc vendus ici sous le nom de kakis… Merci Coralie pour tous ces moments magiques partagés!

Évidemment, mon retour vers Lyon pour prendre l’avion a failli être compromis. Imprévus! Arrivé à la gare de Narbonne, on annonce que mon train est en retard de 50 minutes. Mais les écrans affichent aussi des retards de deux et même de quatre heures. Des rumeurs circulent. Coralie me dira après coup qu’allant vers Narbonne, un train TGV a tué un jeune écervelé qui s’amusait sur les rails puis, après avoir repris sa route, a tué une vieille dame qui avait pris la chance de franchir à pied un passage à niveau fermé… Pauvre conducteur, quelle journée sinistre pour lui! Mais pour mon vol de retour, rien à signaler, tout s’est bien passé. Et du coup, je me suis retrouvé chez moi. Trop vite. La tête et le cœur toujours en France. 
Photos par Coralie Adato et Antoine Ouellette